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18 septembre 2006 1 18 /09 /septembre /2006 18:20
Si un jour je ne sais plus à quel saint me vouer, je crois que j’irai voir la Sainte-Victoire, majestueuse, imposante, éclatante de blancheur au milieu de la garrigue Aixoise et de la terre rouge, dressant fièrement ses 1000 mètres de falaises et de crêtes sur lesquels on a spontanément envie de grimper.
Beaucoup choisissent la marche à pied et les petits sentiers qui serpentent à travers la montagne. D’autres, comme nous aujourd’hui, ajustent leurs minuscules chaussons compresseurs, enfilent un baudrier, et se lancent à l’assaut des parois codées aux noms énigmatiques (bibounénèze, gémeaux jumeaux, pâtes fraîches) ou évocateur (plates dalles). Chacun son niveau, son rythme (nerveux ou paresseux), son style (lézard ou jaguar), chacun son tour, en tête ou moulinette. Face à la paroi plein sud, le dos prend une teinte rose, écarlate pour certain, et ce ne sont pas quelques nuages de passage qui nous gâcherons ni le bronzage, ni le spectacle. Par contre, la fête à neuneu dans le champ d’à côté, et sa collection de tubes des années 80…. Ça n’a peut-être rien à voir avec la chanson de Boris Vian.

Oh quand les saints
Et les apôtres
S'en vont marchant l'un derrière l'autre
Dans la ville c'est la fête
Et tous les gens chantent gaiement
…./…
A tous les saints
Du paradis
Je préfère ceux de ma fifille
Et tant pis pour ceux que ça choque
Ce sont les seins les plus jolis.
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13 septembre 2006 3 13 /09 /septembre /2006 16:15
Y'a trois ans, une semaine après la rentrée, le matin de mon premier jour de stage IUFM, je retrouve ma voiture carbonisée. Lundi, une semaine après la rentrée, le matin de mon premier remplacement, je me fais percuter par une voiture. Renversant non ? Pas de bobo, rien que du dégât matériel, ouf, je m'en sors plutôt bien. Un peu abasourdi quand même par ce crétin qui m'a refusé une priorité et à l'évidence m'a pris pour l'homme invisible, je reste quelques instants au milieu du rond point, lui montrant l'arrière du vélo défoncé. Les automobilistes s'impatientent vite dans ces cas-là, en tous les cas par ici. L'un d’eux vient m'adresser ces mots gentils "Vous voyez pas  que vous êtes au milieu de la route !" J'obtempère et me range sur le côté. Mon emboutisseur démarre, sans doute pour venir se ranger afin que nous établissions un constat ou juste pour s'enquérir des dégâts qu'il vient de causer. Mais puisque qu'il est lancé, pourquoi s'arrêter, autant continuer sa route comme si de rien n'était. C'est ce qu'il fit. J'ai son numéro si ça vous intéresse 3435 SX 13. Bienvenu au royaume de c'est moi le plus fort et je t'emmerde.
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5 septembre 2006 2 05 /09 /septembre /2006 18:59
Ça commence par une virée au bout du Rhône, là où il jette ses tonnes d’eau polluées dans la mer. Pour y arriver, après passage du bac obligatoire et visite expresse des salins du midi, il faut longer la plage sur plusieurs kilomètres. C’était pas beau à voir. L’eau polluée, à côté, c’est rien. La pollution visuelle c’est quelque chose ma p’tite dame. Il s’agit de centaines de voitures, 4 x 4, camping-cars, caravanes, minibus, tentes, installés sur ce qui devait être une plage. A mi-chemin de ce yesman’s land, la pollution visuelle s’aggrave quand on passe les banderoles « Ici, on vit nu ! ». Ils devraient ajouter « … et on est tous gros, vieux et moches – le spectacle que nous infligeons est pitoyable – faites demi-tour avant d’avoir un choc irréversible ! »
J’ai fait comme ils auraient dû prévenir du risque encouru, et c’est le reste de ma petite escapade qui m’a sauvé. C’est ça qui est bien avec l’instinct grégaire. Ça te saccage un site en moins de deux, mais ça préserve tous les autres.
L’autre Camargue est beaucoup plus paisible et sauvage, bien que l’empreinte de l’homme y soit très forte. Des bassins d’eau parfois à sec, souvent vaseux et puants, abritants une multitude d’oiseaux plus ou moins farouches, séparés par des digues permettant de circuler à pieds, à cheval, à vélo… ou en bateau à voile (cf. « en sortant de l’école » de J. Prevert). Des digues conduisant aux dunes, à une plage croûtée immense et déserte, plaque chauffante géante d’où grimpent des volutes translucides floues, troublant le paysage sur 360°. On devine des choses brouillées : phare tordu, voiles de kite sans surf, dunes flottantes, arbustes mouvants, plage sans limite, mer inaccessible.
Et si… après une longue traversée.
Alors je m’y suis baigné.

Marseille, le 4 septembre 2006 à 23h09


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